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Les hommes essaient maintenant de préserver les dunes avec des moyens dérisoires mais c'est dès le départ qu'il n'aurait pas fallu y toucher. En effet, les processus qui sont onbservés dans les mouvements des dunes bordières sont longs et complexes, mais ce qui est le plus important, c'est de permettre à ces amoncellements millénaires de jouer leur rôle d'amortisseur des chocs de l'océan en toute flexibilité & donc sans contrainte rigide... Alors, les ganivelles, n'est-ce pas un peu Don Quichotte contre les moulins à vent ? | Oui! qu'avez-vous fait de nos dunes?
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Et pourtant, tous les spécialistesactuels des dunes s'entendent pour dire qu'il est indispensable depréserver cet "espace tampon" entre l'océan et laterre. Il clament tous très haut et très fort qu'il estURGENT de respecter le comportement naturel des massifs dunaires dulittoral en les laissant libres de se déplacer et de changerde forme et de positions car leur vie obéit à desrègles qui sont chaotiques, fractales et trèsdifficiles à prédire pour l'homme.
Se reporter au n° 212 de LA RECHERCHE(juillet-août 1989) article de Roland PASKOFF p.888 à895
Mais pour Hauteville, bien sûr, il esttrop tard et ce n'est pas le mince filet dunaire qui reste aupéril de la mer derrière le camping des Garennes quisauvera le reste de dunes de notre côte... Seule unebarrière d'enrochements nord-sud pourra le préservercontrairement à ce que laissent supposer les bailleurs defonds du Conseil Général de la Manche qui n'accordentdes subventions QUE pour des épis ouest-est qui, mêmes'ils limitent la migration latérale du sable,n'empêcheront jamais la destruction de la dune des Garennes.Franck LEVOY, le spécialiste régional del'érosion du littoral (GRESARC), ne se prononce pas assezclairement semble-t-il en faveur d'une protection longitudinale carsi les épis perpendiculaires limitent les migrations du sabledans l'axe sud-nord, ils n'empêcheront pas la destruction de cequi reste de dune jusqu'à Regnéville & enparticulier pas celle des Garennes...
Je sais, c'est dommage et cela va àl'encontre de mes propres idées sur la défense deslittoraux dunaires, mais ici il est trop tard pour agirautrement.
La digue de Hauteville, en protégeantles villas construites indûment sur un territoire appartenantà la mer, a fait agir sans faille depuis plus de 70 ans,à chaque marée d'importance, un énorme boomerangénergétique qui a permis de faire migrer le sable plusvite et qui a donné davantage de force au flot dans ladirection sud ouest-nord est, de telle sorte que, massivement, chaqueannée, les dunes restantes de Hauteville àRegnéville ont été grignotéescopieusement.
Bien sûr, ce phénomènen'est pas sous la seule responsabilité des hommes qui ontsurfréquenté les dunes ou qui les ont coloniséespar des constructions durables (définitives selon leursouhait), mais on peut dire que l'effet digue de Hauteville +promenade "Nounours" de Montmartin a été un facteurd'aggravation extrêmement important quant à ladisparition de la dune de Hauteville àRegnéville.
En outre, le grand épi construit aunord, dont le rôle était (théoriquement) deredresser le cours de la Sienne, a agi exactement à l'inversedes prévisions qui avaient été faites dans ledocument de travail édité par le Syndicat Intercommunalde Défense du Littoral et Aménagement de la Baie deSienne & de la DDE de la Manche (1984) dont l'intituléétait "ÉTUDE POURL'AMÉNAGEMENT DU HAVRE DE REGNÉVILLE DU LITTORAL, DECOUTAINVILLE À HAUTEVILLE". Les travaux engagés ont montré nonseulement leurs limites, mais aussi leurnuisibilité.
La seule remarque que l'on peutfaire actuellement c'est qu'il aurait été urgent &sage de ne rien faire, dès le début du XXèmesiècle jusqu'à la fin de cette mêmeépoque. Car en effet, le littoral n'est pas un grand terrainde jeux pour apprentis sorciers armés de grands enginsmécaniques. La plage est juste un possible terrain de jeuxpour les enfant armés de seuax et de pelles avec lesquels ilspourront toujours rêver de vider la mer ou de construire deschâteaux en Espagne. Mais eux sont inoffensifs. Pas les digueset les épis des hommes trop sûrs d'eux.
Alors que faire ?
Laisser faire la nature et seplier aux hasards chaotiques de son évolutionmillénaire, centenale, décennale maréeaprès marée et tempête après cyclone.C'est la voix de la sagesse, normalement... Hélas, nous avonsmis le doigt dans un engrenage et nous ne savons plus où estle bouton qui permettrait de stopper le moteur.